Penser l’éclairage comme un élément de décoration

Avec l'arrivée de l'hiver, les journées raccourcissent et la luminosité naturelle se fait rare. Dans nos intérieurs, on se rabat vers des lampes à poser, des baladeuses ou encore des suspensions. Mais ces dernières ne servent pas uniquement à éclairer, elles ont un véritable rôle à jouer en tant qu'élément de décoration.
Par Nadia Daki
SIMA 2021 ©Sophie Stalnikiewicz

La première chose que l’on voit lorsqu’on entre dans une pièce, « c’est le luminaire », indique Valérie Delobal, céramiste et créatrice de luminaires en porcelaine. Cela est d’autant plus vrai lorsque ce dernier est une suspension, de surcroît allumée. Dans son atelier à Steenwerck, Valérie Delobal imagine et fabrique des appliques et suspensions en porcelaine. « La porcelaine diffuse une lumière douce. Les suspensions trouvent leur place au-dessus d’un îlot central ou d’une table de cuisine. » Ses créations, très poétiques, apportent une véritable touche de chaleur. D’autant plus qu’elle les décline dans une gamme de couleur pastel. Dans une chambre d’enfant, elles vont contribuer à créer un espace rassurant, cocooning. Mais également dans une chambre d’adulte où des baladeuses, posées de chaque côté du lit, vont diffuser des touches de lumière et installer une ambiance propice au repos et à la rêverie.

Celle pour qui « l’essentiel se fait par la simplicité », trouve son inspiration dans les couleurs de la région, et plus particulièrement, le long du Cap Blanc-Nez.  Véritable autodidacte, elle fut, lors d’une précédente vie, communicante puis directrice artistique avant d’embrasser celle d’artisan après une révélation lors d’un stage avec une céramiste. « Cette matière me fascine car elle a une mémoire, la moindre forme reste imprégnée. » Deux mois sont nécessaires entre une idée, soigneusement reportée sur un carnet qui ne la quitte jamais, et sa réalisation. Car Valérie Delobal crée elle-même ses moules.

Fiat lux : et la lumière fut !

Une passion que l’on retrouve chez Maxime Seurin, fondateur de Tectoluce, installé à Lille. Avec un nom qui signifie « abrite ta lumière », le ton est donné. Depuis cinq ans, Maxime Seurin dessine, conçoit et commercialise ses créations de luminaires faites à partir de différentes essences de bois. Il ne travaille que des essences locales comme le chêne, le frêne ou le bouleau. « Tout a commencé lorsque j’ai réalisé une lampe pour ma sœur, raconte-t-il. J’ai découvert la découpe au laser. » Depuis, les idées fusent comme les croquis. Pour cet architecte, qui continue d’exercer en tant que tel, il est important qu’il n’y ait pas de contact direct entre l’oeil et la lumière. C’est pourquoi tous ses éclairages sont indirects. « Chaque luminaire a une fonction spécifique. Certains peuvent être très décoratifs et peu lumineux. D’autres seront plus adaptés à une cage d’escalier. D’autres encore seront très différents selon l’ambiance recherchée. »

Souvent parent pauvre de la décoration, le luminaire est parfois, à tort, considéré comme une pièce rapportée. Désormais, élément central, il est pensé en fonction de la pièce et de l’ambiance souhaitée. « Le luminaire est un élément primordial dans la décoration, confirme Maxime Seurin. Il prend de l’ampleur. Il peut être discret ou imposant. » Avec ses créations, il cherche à adoucir la lumière tout en la rendant fonctionnelle. Son dévolu pour le bois trouve sa raison d’être dans le côté chaleureux que permet cette matière. « J’utilise des bandes de chant de différentes essences. Je propose également différentes teintes. » Grâce à une cinquantaine de modèles différents, chaque pièce trouvera son luminaire en fonction de ses proportions, de sa couleur, ou encore si l’on souhaite que ce dernier contraste ou plutôt se fonde. D’ailleurs, Maxime Seurin conseille de multiplier les sources lumineuses. « On peut par exemple mettre moins d’intensité dans chaque ampoule et ainsi mieux répartir la lumière dans une pièce que l’on souhaite cosy. En revanche, dans une cuisine ou une chambre d’enfant, on peut opter pour une belle intensité car ce sont des pièces où cela est nécessaire. »

Une touche de poésie

Finalement, pour que luminosité rime avec décoration, il faut trouver le bon équilibre entre sources principales de lumière et sources secondaires. Depuis son atelier situé à Wimereux, Camille Fourmaintraux crée depuis une dizaine d’années des lumières d’ambiance aussi uniques que poétiques. Ses luminaires en céramique sont des boules pleines minutieusement percées. Sa patte, reconnaissable, est incarnée dans sa lampe Petit Prince ou encore celle baptisée Grosse Dame. « Ce sont des lumières d’ambiance, idéales dans un salon ou pour une chambre d’enfant car elles apportent une touche de chaleur. Elles permettent également d’aménager l’espace grâce à sa lumière qui s’étire. » Qu’il s’agisse de baladeuse ou de lampe à poser, les créations de Camille Fourmaintraux trouvent leur place avec évidence. « Je personnalise les luminaires en fonction de la décoration déjà présente. On peut également confier une atmosphère particulière en fonction de l’ampoule choisie. »

En savoir +

Sur Instagram : valeriedelobalporcelaine

https://www.tectoluce.com/

https://fr-fr.facebook.com/Camillefourmaintrauxceramique/

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Texte : Nadia Daki
Photos : Samuel Amez ; Valérie Delobal ; Camille Fourmaintraux ; Martial Frisch ; Sophie Stalnikiewicz ; Ville d’Armentières
11 février 2022
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