Parc d’Olhain : le jardin côté cour

L’année passée, le Parc départemental d’Olhain a accueilli autant de visiteurs qu’en comptent les villes de Lille, Amiens, Roubaix-Tourcoing, Dunkerque, Arras et St-Quentin réunies. Depuis cinq ans, l’innovation et la vigilance constituent l’envers d’un très joli décor.
Par Joffrey Levalleux
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Sacrée bonne descente 

Teddy Clairet se souviendra longtemps de ce mois de janvier 2020 durant lequel il « a changé cinquante roues arrière. Mais ici, la sécurité prime. » Permanent sur le site Luge 4 saisons, Teddy passe son temps à sécuriser l’une des attractions phares du parc sans que personne ne s’en rende compte. Hier le remplacement des roues, aujourd’hui les patins, demain le graissage manuel des boîtiers «  et tous les matins une revue de détail pour vérifier si aucun obstacle n’est venu encombrer la voie durant la nuit. » 

Car les jours de forte affluence, 1 500 luges lui emboîtent le pas. Soit un petit bolide de 75 kilos – plus le poids du ou des passager(s) – poussé à 35 km/heure toutes les quinze secondes. Autant dire que les seize caméras planquées dans la nature ne sont pas inutiles. Les images sont gardées une semaine. Quant à votre binette, vous pouvez vous la procurer pour deux petits euros. Il suffit juste d’appuyer sur un bouton. Pour le reste ? C’est Teddy qui recharge les ramettes…    

Bien installés dans sa canopée…  

Que se passe-t-il quand vous vous tordez la cheville en forêt ? Rien, elle gonfle. Alors qu’au Parcours filets d’Olhain, Sylvain Tastin débarque dans les deux minutes et calme la douleur. « Moi ou un autre. On a tous notre brevet de secouriste. » Et aussi des talkies-walkies pour être joignables en permanence dans cette canopée de frênes et de chênes. Inauguré en juin 2015, les 3 000 m² de mailles peuvent accueillir 350 personnes en même temps. Si les risques de collision existent, il en est d’autres plus pernicieux. En témoigne ce petit bout de cordage de type catamaran trouvé par terre ce matin par Maxime, saisonnier. Mais pas de souci. Un patch résistant a été posé dès l’aube. Pour résumer, ici, il faut « savoir monter aux arbres, broder et consulter la météo. C’est très important. » Si une pluie raisonnable n’empêche pas l’accès au parcours – les glissades font partie du jeu -, si le froid n’est pas incompatible, un vent de plus de 80 km/h est synonyme de fermeture. Non pas parce que ça tangue de trop mais parce que des branches risquent de vous tomber sur la tête.

Tout le monde peut passer au vert 

Tous les jours dès potron-minet, une curieuse machine ingurgite des centaines de petites balles de 45,93 grammes éparpillées devant le practice. Ce matin d’été, la tâche incombe à Florian. Se lever au chant du coq pour entretenir les espaces verts ne semble pas gêner le jeune saisonnier. Il faut bien admettre que le décor est splendide.

Situé à l’écart du parc, le Golf public d’Olhain est l’archétype de la carte postale. Et le trou n°6, une vigie avec vue sur le château médiéval éponyme. « Quand on pense que la rocade est juste derrière… », songe Ramuntcho Iturroiz,  professionnel du golf et figure emblématique du club. On en oublierait presque qu’il faut tondre le green entre 3 et 3,5 mm tous les jours avant 8 h 30. « Je pense que cet endroit a l’art de vous faire tout oublier. » Y compris lapins et taupes qui minent le terrain à qui mieux mieux. L’avantage avec le golf, c’est qu’on n’est jamais très nombreux au mètre carré. Attention quand-même : « bien frappée, la balle part à 250 km/heure, note Ramuntcho. Mais tout s’apprend. Y compris les bons gestes pour éviter le tour de rein. »  Histoire de rappeler que ce sport est aussi accessible que n’importe quel autre.

Restauration restaurée  

Une capacité de 300 couverts – 200 avec les mesures de distanciation -, ça donne une petite idée de ce qui peut se passer en cuisine. « Je n’ai pas calculé précisément mais aujourd’hui, on a dû faire un Burger Olhain toutes les minutes. Après une heure de service, on pouvait l’enlever de la carte », explique Tony, le second de cuisine qui n’a pas une minute à lui. Il faut dire que depuis le 12 juin dernier, le nouvel espace restauration du Parc d’Olhain fait carton plein. Conçu comme un self au design épuré, l’endroit s’est imposé comme un lieu de vie. Un point de convergence avec son bar qui n’en finit plus, sa terrasse panoramique et sa salle de conférence/séminaire d’un blanc immaculé.

L’Olhain’clusive, clé du succès 

Si la diversification et la montée en gamme demeurent les deux axes de développement du Parc d’Olhain, le site doit son succès à sa capacité à proposer sur un même lieu un panel de prestations qui vont du mini-golf au tennis en passant par l’organisation de challenges (37 Kolhainta ont été organisés en 2019).

Yannick Audineau, directeur du Parc © iCéÔ / Laurent Desbois – Lwood

On joue, on se restaure aussi et on séjourne. Si bien que, comme le souligne son directeur Yannick Audineau « dresser le profil-type du visiteur n’a pas de sens. Nous avons des familles, des couples, des amis, des clubs de sport, des entreprises. Les gens viennent de toute la France pour un après-midi, une journée. Et demain davantage, avec nos futurs hébergements. On croise des joggeurs, des adeptes de marche nordique, des VTTistes, des promeneurs. Il faut avoir en tête que ce lieu est le leur. » Et que, contrairement à un zoo ou à un parc d’attractions, il est ouvert toute l’année.

Parc à t’aime

  • 700 000 visiteurs/an
  • 86 328 entrées au Parcours filets
  • 150 114 descentes, soit 86 463 luges 4 saisons
  • 19 210 photos prises par le photoluge
  • 23 339 entrées à la piscine
  • 11 286 nuitées Ethic étapes
  • 30 événements sportifs & culturels qui ont attiré 28 500 personnes 

Parc départemental d’Olhain
rue de Rebreuve
62 620 Maisnil-les-Ruitz
Tél. : 03 21 27 91 79
www.parcdolhain.fr

Texte : Joffrey Levalleux
Photos : Laurent Desbois
23 juillet 2020
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