Mon beau sapin, roi de Raimbeaucourt

Les producteurs de l’emblème de Noël dans la région se comptent sur les doigts d’une main. A dix kilomètres au nord de Douai, Xavier Mortreux en a fait sa spécialité. A La Sapinière du Vent de Bise à Raimbeaucourt, vous dénicherez des sapins vraiment “troncs beaux” !
Par Claire Decraene
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Chaque année, dans la cour de la Sapinière du Vent de Bise, c’est un spectacle unique ! Des sapins de toutes tailles, illuminés, émerveillent petits et grands. Xavier Mortreux, également réputé pour ses asperges, cultive en famille des milliers de sapins de Nordmann et des épicéas sur une quinzaine d’hectares. « Une saison, c’est en moyenne 5 000 sapins », confirme-t-il, « pour des particuliers, des municipalités, des jardineries et des fleuristes. » Comment s’est-il lancé dans cette production atypique ? « Il y a vingt ans, le pépiniériste à côté de notre exploitation est parti en retraite. Il nous a transmis un savoir-faire acquis durant soixante ans. C’est vrai, c’est assez rare dans la région », admet Xavier. « Le gros bassin de production de sapins, c’est plutôt le Morvan. »

Ça sent le sapin 

« C’est une culture longue. Entre la plantation et la récolte, il faut entre 4 et 15 ans en moyenne ! Nous plantons en octobre de jeunes pousses qui mesurent à peine 20 cm. Ensuite, c’est un travail toute l’année de désherbage et de tailles régulières. C’est là tout notre savoir-faire et notre expérience. » La région est-elle un bon terroir pour les sapins ? « Oui, à Raimbeaucourt, ils trouvent tout ce qu’il faut pour bien grandir. Plus lentement que dans d’autres régions certes, mais c’est un avantage car leur pousse est bien pyramidale, plus harmonieuse. Il faut compter dix ans en moyenne pour une belle taille. » Vous trouverez ici des sapins mesurant de 50 cm à 7 mètres. La cerise sur la bûche de Noël, c’est qu’on peut les choisir sur pied. Et ne parlez pas à Xavier de sapin artificiel. « Offrez-vous des fleurs artificielles pour une fête ? Non ! Ça n’a quand même pas le même charme, le sapin de Noël, c’est une tradition qui se respecte ! » Et côté écologie ? « L’impact carbone est bien moindre pour un sapin produit en local que pour un sapin qui a fait des centaines de kilomètres ! Et pour un sapin coupé, nous en replantons deux chaque année. C’est une culture à part entière, nous n’allons pas les enlever en forêt. Dans nos plantations se développe toute l’année une biodiversité intéressante. » Mis en filet devant vous, il faudra, une fois à la maison, « le tenir loin des sources de chaleur, bien éteindre les guirlandes électriques la nuit et le vaporiser d’eau de temps en temps », conseille Xavier. Pour garder sa parure, et toujours aimer sa verdure. 

Nordmann vs Epicéa : le match ! 

Le sapin Nordmann, originaire du Caucase, est venu supplanter il y a une quinzaine d’années le traditionnel Epicéa. « Je vends en moyenne 70 % de Nordmann et 30 % d’Epicéas », témoigne Xavier. 

Nordmann. Ses aiguilles plates sont souples et douces sur des branches régulières. Parce qu’il pousse lentement, sa silhouette s’étage avec harmonie. Malgré son faible parfum, il est de plus en plus apprécié pour sa bonne tenue d’aiguilles. Dix à douze années lui sont nécessaires pour atteindre deux mètres, ce qui explique son prix plus onéreux que l’Epicéa (deux fois plus cher en moyenne). 

Epicéa. C’est le sapin de Noël traditionnel. Ses aiguilles sont rigides et plus piquantes que le Nordmann. Par contre, il est beaucoup plus odorant et dégage un magnifique parfum naturel. Comme sa tenue d’aiguilles est bien moins bonne que le Nordmann, Xavier conseille de le choisir avec des racines pour le replanter au jardin et pourquoi pas le réutiliser chaque année. Si vous le préférez coupé, installez-le après le 15 décembre. 

Pratique 
La Sapinière du Vent de Bise : 67 rue Sainte Barbe 59283 Raimbeaucourt. 
Tél : 03 27 80 00 23 www.sapindenoel.fr. Vente de sapins aux particuliers du samedi 30 novembre au mardi 24 décembre. 

Texte : Claire Decraene
Photos : Laurent Desbois – Lwood
05 décembre 2019
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