Marbella, les fées des bijoux

A Sailly-Laurette, on crée d’étonnants bijoux de peau dermo-adhésifs et repositionnables. Des parures à porter à même le corps qui ont séduit les plus grandes marques de luxe. Marbella relie, en effet, le bijou de peau à l’art de la Haute Joaillerie pour des créations tout en sophistication. Rencontre avec Adeline Moniez, fondatrice amiénoise de cette entreprise au savoir-faire unique.
Par Kaltoume Dourouri
Marbella-01-min

La petite marque picarde est devenue bien grande. Marbella dispose désormais d’une place de choix auprès de grandes marques telles que Chanel, Kenzo, Dior, L’Oreal, Séphora ou Lancôme. De quoi participer à l’image du produit haute couture et fait main en France et plus précisément à Sailly-Laurette dans la Somme. Marbella a fait naître M Paris, un réseau d’ambassadrices de la marque, en France et Belgique, exclusivement en vente directe et qui au plus fort de la crise sanitaire n’a cessé de se développer. Le résultat du travail et de l’optimisme sans faille d’Adeline Moniez.

Toujours parée d’une de ses créations, cette femme passionnée au destin de conte de fée, devenue chef d’entreprise aux succès nombreux, réinvente l’art de la joaillerie avec l’objectif d’offrir à ses clientes « le luxe d’être différente ». Le doute, la galère et la méfiance des acteurs du luxe, elle a les a pourtant connus depuis 2005, année de création de l’entreprise. « En 2006, un jour de désespoir, après une année de porte-à-porte et de difficultés, j’ai déposé un cierge à Lisieux pour le nouvel an, raconte-t-elle. C’était un grand appel au secours. Deux jours plus tard, deux miracles se sont réalisés et m’ont redonnée la gnaque. »

Recherche, design et création à Sailly-Laurette

« Les fées de l’atelier donnent vie à des objets très haut de gamme, inspirés de l’élégance et de la technique de la haute couture. »

Dans les ateliers de Marbella, à Sailly-Laurette, se préparent sereinement bijoux haute couture en édition très limitée, bijoux de peau, tatouages éphémères, collections d’eyeliners prêt-à-porter et réutilisables. Autant de produits, dont beaucoup sont brevetés, et qui plaisent aux dames… et aux messieurs. Les bijoux haute-couture sont faits main dans cet atelier qui occupe les anciens locaux du restaurant maternel. Fière de ses origines picardes, Adeline Moniez a tenu à créer de l’emploi ici, en milieu rural.

Valérie, Christine, Odile et d’autres artisans-bijoutières rompues au sur-mesure ou aux petites séries, assemblent les bijoux de peau avec une infinie minutie, selon les dessins du studio de création intégré. « Elles donnent vie à des objets très haut de gamme, inspirés de l’élégance et de la technique de la couture, décrit Adeline Moniez. L’équipe soigne chaque détail, harmonise les couleurs et donne relief à des réalisations à la finesse incroyable. » Dès que possible Adeline Moniez ouvre l’atelier au public. « Car nous avons envie de faire vivre aux Picards et aux touristes la découverte de notre atelier comme une expérience inédite. »

Des valeurs fortes depuis le début

A fleur de peau, Marbella pare le corps des femmes de bijoux raffinés, autoadhésifs et repositionnables. Marbella, du nom de la station balnéaire andalouse que le grand-père d’Adeline affectionnait particulièrement, fait vivre des matières nobles comme la dentelle de Calais, les cristaux, l’or ou les pierres précieuses. Chaque nouvelle collection présente des pièces à la croisée de l’Art Nouveau et de l’art oriental.

L’entreprise a aussi mis au point le Gloss Marbella, une solution dermo-adhésive transparente et hypoallergénique qui permet de poser, repositionner et fixer le bijoux à même le corps. Le patch eyeliners prêt à coller, maquillage repositionnable et réutilisable, l’une des inventions d’Adeline Moniez, initiée par Dior en 2010, fait toujours le buzz dans le monde entier et a retenu l’attention des plus grandes marques de luxe. Inspirés des défilés Haute Couture, les bijoux de peau apportent raffinement et élégance. Le prochain défi de la prêtresse du bijou de peau ? « Avec mon équipe, nous regardons de plus en plus vers les grands comptes et les Etats-Unis. Les influenceuses apprécient beaucoup nos produits et les mettent en avant de différentes façons. Il y a par exemple, là-bas, les Djettes les plus cotées au monde qui portent nos bijoux ! » Le conte de fée continue.

Du conte de fée à la success story

« Tout a commencé par un heureux hasard, raconte l’ancienne étudiante en droit. Lors d’une mission d’attachée de presse, j’ai croisé une journaliste qui portait des cristaux Swarovski à même la peau. C’était magnifique. J’ai eu un coup de cœur immédiat. Et avec un papa artiste et une maman entrepreneuse, j’ai décidé de me lancer, convaincue que, pour être heureuse et réussir, il faut être passionnée. » Le conte de fée met sur sa route « les bonnes personnes » Ministre, couturiers parisiens, associés de talents… qui la propulsent sur les podiums. Aujourd’hui, la maison Marbella travaille avec les plus grandes marques. Mais la crise sanitaire a rebattu les cartes. « La période a tellement été difficile qu’aujourd’hui nous avons une visibilité à seulement quelques mois. Nous restons vigilants et gardons l’espoir que tout rentre dans l’ordre prochainement. »

Texte : Kaltoume Dourouri
Photos : Laurent Desbois – Lwood
02 novembre 2021
Partagez cet article !
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Dans la même rubrique

Dans le cœur d’un data center
Bo’Co Fabrik du goût
Les Faiseurs de Bateaux, contre vents et marées
Consommer local en Hauts-de-France : qui se cache derrière les nouveaux circuits-courts ?
EauBouLeau, pompe à essence

Vous aimez cet article

Inscrivez-vous à la newsletter iCéÔ magazine et retrouvez chaque semaine nos idées de sortie en région.

Votre magazine iCéÔ sur mesure avec une sélection d'articles en fonction de vos goûts et de votre localisation