Le bonheur de nager avec « Osez l’eau »

L'association amiénoise Osez l’eau a permis à plus de quatre mille aquaphobes de devenir aquaphiles. Entre ateliers sur mesure, stages et voyages en mers chaudes, l'initiative a fait son chemin et une nouvelle antenne a même été ouverte dans le Nord à Lambersart.
Par Kaltoume Dourouri
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Donner envie d’entrer dans l’eau plutôt que d’en sortir, tel pourrait être le leitmotiv d’Osez l’eau qui a réussi le pari d’aider les aquaphobes à vaincre leur peur. L’association fait partie des rares structures répertoriées en France reconnues pour leur savoir-faire en la matière. La recette d’Osez l’eau est simple : des maîtres-nageurs à l’écoute et une piscine agréable avec une eau à bonne température, celle du groupe scolaire La Providence à Amiens qui depuis le départ a cru en ce projet. « Nous proposons différents temps pour se sortir de sa peur aquatique. Cela commence bien souvent par un premier stage durant tout un week-end avant d’intégrer ce que l’on appelle nos ateliers et créneaux de natation sur mesure. En plus de vingt ans, ce sont plus de quatre mille personnes qui ont pu régler leur problème avec l’eau », souligne Yvan Lenglet, fondateur de l’association. Le but est de leur faire retrouver un contact affectif avec l’eau à travers différents jeux. Rappelons qu’une personne sur dix a peur de l’eau. La grande majorité a eu une mauvaise expérience à l’école, à la piscine et a par exemple raté la perche lorsqu’elle était enfant. Avec les ateliers des jeudis et samedis ainsi qu’avec les stages d’un week-end, la détente et le plaisir remplacent les visages crispés. 

Vaincre sa peur de l’eau par amour 

« Je me souviendrai toujours de cette amiénoise de 74 ans à l’époque, Françoise Fusillier, qui a vaincu sa peur de l’eau par amour. Elle était perdue lorsqu’elle n’avait plus pied et elle ne supportait l’eau que jusqu’à la taille. Elle a fait cet effort pour pouvoir accompagner ses petits-enfants à la piscine et à la mer pour de la plongée avec palme, masque et tuba dans les mers chaudes du monde. Aujourd’hui, elle est plus que jamais investie pour venir en aide à d’autres aquaphobes. C’est la secrétaire de l’association », poursuit Yvan Lenglet, par ailleurs professeur d’EPS à la Providence et qui très vite a proposé en parallèle des cours de natation pour les enfants. 

Finalement, vaincre la peur de l’eau chez l’enfant c’est peut-être par là qu’il faut commencer pour résoudre ce problème. Certains se souviendront de la sortie piscine de leur enfance durant laquelle il fallait que tout le monde se mette en rang d’oignons derrière un sautoir avant de plonger maladroitement dans le grand bassin. Ce n’est pas du tout la méthode employée par l’association qui accueille de plus en plus de petites têtes blondes bien décidées à être à l’aise dans l’eau. Là, il s’agira plus d’apprendre à mettre la tête sous l’eau en confiance via tout un tas de d’activités ludiques « Pour les parents, il est parfois difficile de savoir que leur enfant a peur de l’eau. Il y a pourtant quelques indices, interpelle Yvan Lenglet. Par exemple, votre enfant évite les séances de piscine à l’école, trouve de fausses excuses pour ne pas accompagner son camarade à une baignade loisirs, reste toujours à un endroit où il a pied en évitant les éclaboussures. Ce sont des signes qui doivent alerter ». 

Comme des poissons dans l’eau 

Dans le bassin, les stagiaires peuvent compter sur la bienveillance et la patience d’une dizaine de maîtres-nageurs. Antoine, José, Guillaume, Laurent, Laurence, Florence et Christophe ont des techniques douces et une pédagogie adaptée pour faire découvrir les plaisirs et les bienfaits de l’eau lors de séances d’exercices personnalisées en fonction des peurs de chacun. « J’ai découvert Osez l’eau il y a dix ans, moi qui ne nageais jamais. L’école m’a peu formé à l’époque. Je voulais, une fois adulte, y remédier et enfin me jeter à l’eau. J’ai participé aux stages de week-end deux trois fois par an et ce fut pour moi une révolution. Ma nage préférée est le papillon, la plus belle dans l’eau selon moi », témoigne Ivan Evrard, 51 ans et dont le fils a pris le relai en passant avec Osez l’eau son BNSSA1, très convoité sur les bords de plages et piscines. À noter également que chaque année, l’association organise un voyage plus qu’immersif d’une semaine en mer chaude. En avril prochain, destination Cuba et sa mer des Caraïbes. De quoi redécouvrir les joies de l’eau ! 

Texte : Kaltoume Dourouri
Photos : Cyrille Struy
18 septembre 2022
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