Havre de voyageurs pleins de douceurs

Bienvenue chez deux amoureux de la campagne fascinés par les sculptures d'Asie et d'animaux trônant dans une ambiance bucolique et des tons apaisants
Par Elisabeth Gillion
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Posée entre deux jardins, la « villa de ferme » a fière allure avec son corps central élevé sous la protection d’une toiture pentue et équilibré par des ailes symétriques plus basses. Brique et faux pan de bois en ciment s’associent comme c’était l’habitude dans le style régionaliste de l’Entre-deux-guerres.

François et Pierre ont eu un coup de cœur pour la bâtisse au fond du jardin ; tout de suite ils ont su s’y projeter : « cette maison de famille authentique nous porte, on la respecte, elle nous ressource après une journée trépidante en ville, » assure François. Il s’est concentré sur l’aménagement intérieur, laissant les jardins à son compagnon. Ainsi renait une maison vite adorée par leurs proches et dont ils gardent quelques signatures : cheminées bardées de gros fauteuils, radiateurs en fonte, meubles industriels qui disent l’histoire textile de ce pays.

Le large vestibule dessert le salon d’un côté et de l’autre, la cuisine et la salle à manger occupée par une grande table ovale. Le mur du fond a disparu sous le verre, il relie au jardin via des portes-fenêtres rythmées au carré par une fine lame de métal noir : « le jardin pénètre dedans et donne du souffle à la maison ; rien n’arrête le regard.  » Où que l’on soit, l’œil s’évade devant et derrière sur la perspective des 300 m de pelouse et de massifs tout en courbes. Au-delà de la terrasse, ils ont installé une gloriette, un lit en fer et des vasques rouillées du plus bel effet.

Le bois clair règne en maître : le parquet en chêne local a été refait par un artisan du cru pour donner une unité ; il glisse au sol entre les pièces, monte à l’étage et orne les murs où la plupart des lampes sont bâties d’une branche verticale écorcée ou d’une simple liane géante dont l’élégance de danseuse fait sculpture. Détail sympa, une senteur boisée émane d’un diffuseur de parfum.

Entre les portes de la salle à manger une racine de teck s’est muée en console, là un guéridon XIXe vert céladon réveille le coin de cheminée. Nulle part on ne voit de chaises, juste des petits fauteuils confortables habillés de gris bleuté ou vert d’eau et doux au toucher. Tous les tissus sont agréables à caresser et les éclairages adoucis (ils sont réglables de chaque interrupteur d’un geste simple). Les tons sont savoureux : miel, blond, réglisse, noisette, cognac, cuivré, bronze … nous voilà chez des bons vivants ! La cuisine ouverte est sobre avec ses cadres d’herbier accrochés au mur entre les lampes d’usine. L’électroménager est caché car la cuisine évoque plutôt les bons repas face au jardin.

Le soir on passe au salon s’enfouir dans les coussins d’un immense canapé, de vrais « doudous » en velours, en fourrure, en plume … Le plafond culmine à 7m, on respire ! Par goût de la symétrie, la table basse carrée et son tapis poilu viennent en écho à la taille exacte de la fenêtre de toit. La décoration est éclectique et foisonnante, mais l’extraordinaire qualité des objets retient le regard ; tous racontent une rencontre, un instant essentiel dans leur vie.

Métal, pierres, bois : les Bouddhas, le meuble en manguier, le poisson en bois pétrifié, des statues primitives, deux « coques-coqs » hautains taillés dans une carlingue de bateau par un gamin indonésien, des têtes de zébu, d’élégants chevaux et surtout, trois sculptures de l’artiste belge Kornul qui cachent un visage humain sous un animal fantastique ! Beaucoup de formes bizarres et agressives contrastent avec l’atmosphère paisible :  » on choisit un objet par passion, le grenier est plein… » rappellent nos grands voyageurs. Le miracle ? « L’assemblage extravagant -mondial-déjanté- matche avec les matières mates et naturelles. Ils laissent vibrer l’espace autour, ponctué de plantes vertes, aériennes qui prolongent le jardin.

L’amour du bois domine en haut où un mur est tapissé d’une immense photo de sous-bois, où les portes et les meubles sont décapés. Restent de rares touches de couleur comme une faille blé d’or dans un mur bleu franc ou un tapis aux tons vifs : « il s’impose car c’est un cadeau ! »  Pendant le chantier, ils ont habité la maison d’hôtes, histoire « d’être sur la peau » des artisans pour les inciter à aboutir vite et bien et même, très bien.

Les dépendances sont à l’unisson : confortables, pratiques, soignées comme le spa-bar et la terrasse couverte sous sa glycine, face au soleil couchant et au jardin éclairé de petits galets blancs. De nuit, mille et une sources de lumières subtiles ici et là, donnent envie de se reposer dans ce refuge des gens heureux.

Texte : Elisabeth Gillion
Photos : Laurent Desbois – Lwood
02 novembre 2020
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