Échappée noire : balades encyclopédiques

La destination Autour du Louvre-Lens se découvre aussi à vélo. Les nombreuses vélo-routes qui la traversent dévoilent la face cachée du territoire. En douceur, on découvre une nature préservée, précieuse alliée quand le thermomètre s’affole.
Par Joffrey Levalleux
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C’est une table d’orientation à 360° que peu de gens connaissent. Et pour cause, le belvédère qui permet l’accès à ce fabuleux panorama est encore sous emballage, si l’on peut dire. Nous sommes au parc de la Glissoire, à Avion. Au premier plan, la plage artificielle. Loin derrière, on devine le Mémorial canadien de Vimy. Entre les deux, légèrement sur la droite, les piliers du Stade Bollaert semblent s’hérisser devant les terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle. Mais finalement, aujourd’hui, l’essentiel n’est pas dans l’horizon. Il serpente en contrebas. « Nous sommes aux abords de la Vélo-route du Bassin minier. D’ici, on peut rejoindre le parc d’Olhain vers l’ouest ou le Parc des îles vers l’est. C’est un axe central dans le développement du vélo », nous apprend Cyrille Dailliet. Depuis une dizaine d’années, cet accro aux deux-roues sillonne le territoire dans tous les sens. Chargé de mission Tourisme, loisirs et itinérance au sein de la Mission bassin minier, le trentenaire connaît son sujet sur le bout du dérailleur.

Le vélo, ça ne s’oublie pas

Si vous passez par le Centre historique minier de Lewarde, une chose pourrait vous mettre la puce à l’oreille : la reconstitution d’un garage à vélos à même la fosse Delloye. Bien sûr, ce mode de déplacement a toujours été très répandu, et pas que chez les mineurs. Mais dans le Bassin minier, il reste plus prisé qu’ailleurs. En témoigne le nombre de clubs cyclistes au mètre carré. « La différence, c’est que depuis le début des années 2000, le vélo est devenu un loisir dans l’une des régions les plus urbanisées d’Europe [1]», poursuit Cyrille Dailliet. Au même titre que la Ruhr (Allemagne) et, dans une moindre mesure, la Silésie (Pologne).  Après trois années (2000-2003) passées à répertorier et à identifier l’ensemble des trames vertes et bleues, des villes et des vestiges miniers, les rouages se sont mis en route. « On avait enfin une photographie précise du territoire, poursuit notre guide. Il fallait juste travailler sur les zones tampons pour rassembler un paysage déstructuré. » Le toute première boucle – le Chemin des galibots – est inaugurée en 2006. Une fois que la machine est lancée…

Du neuf et de l’incontournable

À ce jour, des centaines de kilomètres de routes dédiées au vélo sont opérationnels. Parfois, des tronçons sont en cours de réalisation, mais les choses évoluent dans le bon sens. À écouter les cyclistes eux-mêmes, les résultats sont de toute beauté à l’instar des dix kilomètres qui longent les berges de la Souchez. Ce tout nouveau linéaire passe notamment par l’Arena Terril Trail de Noyelles-sous-Lens, doté d’une armada d’agrès pour coureurs avertis. « L’aménagement connexe a toute son importance », insiste Cyrille Dailliet. À Harnes, on peut déjeuner à table avec vue plongeante sur les lagunages. À Courrières, des barbecues ont été installés. À Noyelles-sous-Lens, sur l’immense ponton qui donne sur les Marais de la Galance , on fait sa séance de yoga en oubliant le roulis de l’A21. Tandis qu’un peu plus loin, on peut rejoindre le Louvre-Lens via l’EuroVélo 5.

Faire entendre ses voies

À Rieulay,[JL2]  là où passe la fameuse boucle originelle citée plus haut, le discours est le même. Faire une halte à la chèvrerie, puis partir à l’assaut du terril des Argales, quoi de plus normal ? « Le vélo est devenu un acteur touristique de premier plan. Il fait le lien entre deux sites et assure un rôle patrimonial », assure-t-on à Cœur d’Ostrevent Tourisme. Les 19 et 21 juin derniers, l’Echappée Noire[2] débutait d’ailleurs au cœur des cités Lemay et Sainte-Marie à Pecquencourt. Objectif ? Montrer et expliquer le patrimoine bâti aux touristes. Quitte à suer à grosses gouttes sur les pavés d’Arenberg (VéloRoute du Paris-Roubaix) ou sur la colline de Notre-Dame de Lorette [JL3] située en plein dans la VéloRoute de la Mémoire.

Après avoir travaillé sur la notion de boucles, on peut désormais travailler sur celle de réseau. Un immense maillage à tisser au gré de vos envies sur le principe des points-nœuds[3]. Et prendre ainsi un grand  b ‘« ALL » d’air.

Infos pratiques

L’échappée noire est un événement initié par ALL (Autour du Louvre Lens) et relayé par les offices du Tourisme du territoire. Le circuit à vélo sur deux jours avec nuit à l’Hôtel du Louvre Lens se déroule les 19 et 20 juin 2021. Informations tarifs et réservation  au 03 27 08 45 06 ou sur les sites de :
www.tourismevalenciennes.fr
www.tourisme-porteduhainaut.com
www.coeur-ostrevent-tourisme.fr
www.douaisis-tourisme.fr
https://tourisme-lenslievin.fr
www.tourisme-bethune-bruay.fr
www.arraspaysdartois.com


[1] Le Bassin minier est une succession de villes qui, réunies, atteignent les 1,2 millions d’habitants.

[2] Boucle de 110 km A/R reliant Rieulay à Loos-en-Gohelle dans le cadre d’UperNoir.

[3] Très répandu en Belgique, le réseau cycliste par points-nœuds apparait pour la première fois en France dans la Vallée de la Lys et les Monts de Flandres. Ce système de numérotation des intersections permet au cycliste d’élaborer son propre itinéraire et de le modifier en cours de route.


Texte : Joffrey Levalleux
Photos : Florent Burton
18 juin 2021
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