David François : un trait acerbe sur Chaplin

David François a un trait reconnaissable entre tous. Connu pour avoir dessiné « De briques et de sang » puis « Un homme de joie » en compagnie du scénariste Régis Hautière, son coup de crayon est choisi par son éditeur pour raconter la vie incroyable de Charlie Chaplin. L’histoire d’un homme qui lui inspire finalement autant admiration que répulsion…
Par Stanislas Madej – l’Etagère à BD
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Si vous lui demandez qui est véritablement Chaplin, David François vous répondra d’abord qu’il « le connaissait comme tout le monde, au travers de ses films muets ». Mais à mesure qu’il est entré dans l’intimité de la vie de ce personnage, il est allé de surprises en déceptions. Aujourd’hui, il a même comme une « sorte d’admiration-répulsion, un mélange des deux », allant même jusqu’à dire que s’il vivait aujourd’hui « il ferait sans doute partie des « hashtags metoo ». 

Choisi par son éditrice de la maison Rue de Sèvre, David François fait connaissance du scénariste Laurent Seksik qui avait déjà écrit la trame d’un triptyque qui retraçait la vie de Chaplin. Il se souvient que : « Seksik avait déjà écrit le documentaire «Chaplin,  un jour un destin », pour l’émission de Laurent Delahousse, diffusée sur France 2.  Il avait également écrit deux romans, qu’il avait adaptés en BD, chez Casterman. Il avait donc déjà l’expérience de la BD et une connaissance incroyable sur Chaplin ».  

Toutes ces informations ont servi le dessin et le rythme des séquences illustrées de David François : « Je gère le rythme, la mise en scène, c’est presque un travail d’adaptation, que j’aime beaucoup. L’écriture façon pièce de théâtre de Laurent Seksik me va très bien, car du coup je suis assez libre de mettre en scène. Ça laisse une grande place à l’écriture dessinée. » 

Une plume associée à une plume 

Ce fameux trait – unique – de David François le tire d’artistes inspirants, tels que Daumier, Toulouse-Lautrec, Gross ou Otto Dix et d’illustrateurs comme Bofa ou Beuville : « je n’ai pas tellement d’influences BD. Ce sont plusieurs années de boulot, d’évolution liées à ces références de la peinture et de l’illustration au milieu desquels on finit par trouver sa propre patte. Elle se construit au fur et à mesure des années, tout simplement ». Oui, tout simplement … Car quand vous voyez dessiner David François, tout paraît simple, facile… « Il y a un crayonné au bleu parce que c’est une mine que j’aime bien pour travailler. Puis je passe à l’encre de Chine, je scanne et je colorise, tout simplement. »  

Texte : Stanislas Madej – l’Etagère à BD
Dessins : David François
19 septembre 2022
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