CALL : la stratégie urbaine s’appuie sur les gens, pas l’inverse

Président de la Communauté d’agglomération de Lens-Liévin depuis 2014, Sylvain Robert revient sur la politique de rénovation urbaine. Ecouter les habitants, respecter l’histoire, préserver l’équilibre territorial.
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« L’inscription au patrimoine mondial de l’humanité a des conséquences sur notre façon d’aborder la rénovation urbaine. »

Quelle est la pierre angulaire de la politique d’urbanisme portée par la Communauté d’Agglomération de Lens Liévin ? 

L’équilibre et l’équité. Je m’explique. La CALL est un vaste maillage composé de 36 communes dans lesquelles vivent quelque 245 000 habitants. Et bien qu’elle soit au cœur d’un bassin densément peuplé, sa frange sud-ouest demeure rurale. Ce sont justement ces diversités qui enthousiasment les débats, donnent corps à de nouveaux projets sans gommer l’histoire de ce territoire. 

Le passé et le futur sont-ils toujours conciliables ?  

Imaginez notre chance ! Sur une même cartographie se côtoient des lieux de mémoire centenaires (Mémorial de Vimy, Notre-Dame de Lorette), des sites industriels reconvertis de premier plan (le 11/19 à Loos-en-Gohelle) et le musée du Louvre-Lens, symbole du renouveau culturel. Le tout auréolé depuis dix ans de la plus belle marque culturelle du monde : le Louvre. 

Pourtant, en matière de rénovation urbaine, l’Unesco ne facilite pas la tâche… 

L’inscription au Patrimoine mondial de l’Humanité a des conséquences sur notre façon d’aborder la rénovation urbaine. On ne fait pas n’importe quoi, n’importe où à n’importe quel prix. Le défi est le suivant : comment garder l’enveloppe de l’Histoire sans sacrifier le bien-être des gens ? En filigrane, nous avons des sujets sérieux comme les dépenses énergétiques. Ce fut le cas à la cité des Alouettes de Bully-les-Mines entre autres. 

Vous dites que les défis dépassent de très loin la simple notion d’habitat. Pourquoi ? 

Parce que – quelle que soit sa nature – l’habitat s’intègre dans un environnement. Une école, une piscine, un espace culturel. Le nouvel écoquartier de Méricourt en est un bel exemple. 

Les concitoyens sont-ils de bons conseillers ? 

Ce sont des interlocuteurs de terrain. Lorsque nous avons envisagé la réhabilitation de l’Ilot Parmentier face au Louvre-Lens, nous avons écrit la feuille de route avec eux. Il en est ainsi pour toutes les cités minières concernées par l’Engagement pour le Renouveau du Bassin Minier. La stratégie urbaine s’appuie sur les gens, pas l’inverse. 

Si l’habitat constitue les fondations d’une politique d’urbanisme, quels en sont les étages ?   

La rénovation urbaine est plurielle. Nous avons la santé avec le futur Hôpital métropolitain de l’Artois ou encore la culture avec l’implantation des réserves du Louvre-Liévin. On en revient à cette fameuse notion d’équilibre. Par exemple, dans un territoire à l’écoute de sa jeunesse comme le nôtre, des installations sportives de qualité sont primordiales. 

Quelle place occupe la nature dans votre réflexion urbaine ? 

Elle est essentielle comme le prouve la requalification de la future entrée sud de Lens au niveau de l’avenue Van Pelt. Depuis deux ans, nous y plantons les premiers arbres d’une forêt urbaine qui fera le lien avec les aménagements des berges de la Souchez et du parc de la Glissoire à Avion. Finalement, la politique d’urbanisme est aussi une question de verdure.   

10 CHANTIERS DU TERRITOIRE A RETENIR

  • Musée du Louvre-Lens : inauguré le 4 décembre 2012, le plus grand musée des Hauts-de-France est aujourd’hui un porte-étendard culturel de renommée internationale. 
  • Arena Stade Couvert (Liévin) : réouvert en 2017 après réhabilitation, cet antre déploie ses 34 000 m² pour accueillir les plus grands rendez-vous sportifs dont le célèbre Meeting international d’athlétisme. 
  • La Cité du Parc (Méricourt) : achevés fin 2021, les travaux de réhabilitation illustrent la politique volontariste du plan ERBM 1 (Engagement pour le Renouveau du Bassin Minier). Ce grand plan de rénovation est un contrat partenarial d’intérêt national signé entre l’Etat, la Région, les Départements du Nord et du Pas-de-Calais et les 7 communautés d’agglomération et de communes du bassin minier.  
  • L’Hôpital métropolitain de l’Artois (Lens, en cours) : l’hôpital du futur devrait voir le jour d’ici 2025.  
  • Le château d’eau de Bully-les-Mines :  cet ouvrage remarquable haut de 40 mètres et d’une capacité de 4000 m³ d’eau a été mis en service en décembre 2020. 
  • Centre d’Histoire du Mémorial’ 14-18 (Souchez) : un siècle après la fin de la Grande Guerre, la région salue la mémoire de tous les héros morts pour la paix. 
  • La base du 11/19 (Loos-en-Gohelle) : ce grand site de mémoire Unesco s’est imposé comme le symbole du territoire en matière de développement durable. Il héberge notamment BâtiCité, un nouvel espace immersif dédié au bâtiment durable inauguré en 2021.  
  • L’Ilot Parmentier (Lens, en cours) : situé à proximité du Louvre-Lens, il offrira à terme des logements, des ateliers d’artiste, une épicerie solidaire, une crèche… Achèvement prévu en 2024. 
  • Médiathèque La Source (Harnes) : situé sur l’ancienne fosse du 21/22, l’édifice inauguré en 2019 renforce un pôle d’équipements publics existant. 
  • Forêt urbaine (Lens, en cours) : l’implantation d’une forêt en lieu et place d’une ancienne friche industrielle sera la future entrée verte de Lens.
Photos : CALL
08 juillet 2022
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