Au fil de la Scarpe, douce itinérance entre nature et patrimoine

« À un moment, nous emprunterons un chemin pavé d’environ un kilomètre. C’est notre Trouée d’Arenberg à nous », rigole Claire, guide. Des pavés et du bitume, de l’herbe et des cailloux et même parfois de la boue ! Pour découvrir le secteur à vélo, on prend le chemin des écoliers, avec pour unique mot d’ordre : sortir des sentiers battus !
Par Anne Tomczak
Randonée-velo-electrique-chemin-halage-Scarpe

Tout commence sur la place d’Armes, à Douai. À cheval sur de fières montures à assistance électrique, lunettes de soleil sur le nez et oreillettes bien fixées, le petit groupe s’élance. Un salut au beffroi, un coup d’œil au palais de justice, quelques tours de roues et : « on prend le chemin de halage », lance Claire. Ici, on l’appelle la Scarpe Moyenne. Drôle de nom, non ? Au fond de son lit, elle frissonne à peine sous la caresse du vent printanier. Paresseuse Scarpe, comme les temps ont changé ! Pourtant, il n’y a pas si longtemps, elle allait au charbon et charriait houille et matériaux, le long de la plaine minière. Enjambant la rivière, un ancien pont-rail, repeint en rouge vif, rappelle cette époque. C’est sur son dos que passaient les wagons, en route vers la concession des mines d’Aniche.

Un petit air de montagne

Bouleaux par milliers, sentiers aménagés et belvédère au sommet, c’est presque la montagne…

Un peu plus loin, voici le Rivage Gayant, ancien port charbonnier. Mais la reconversion est passée par là et l’ex-friche offre aujourd’hui un tout autre visage. Gayant Expo y voisine avec le parc de loisirs Jacques-Vernier, un vrai paradis pour les familles. Accrobranche, plan d’eau, chemins de promenade, tout un monde de loisirs là où naguère on travaillait dur. Allez, tout le monde en selle ! On suit un bout de cavalier, ancienne voie ferrée reliant les fosses, et c’est reparti pour quelques kilomètres le long de la Scarpe. Une écluse, le chant des oiseaux, le soleil qui commence à darder. Puis d’un coup, la voix de Claire dans l’oreillette : « à votre gauche, le terril de l’Escarpelle. » Encore un vestige de l’époque minière, devenu paradis pour randonneurs.

Trouée d’Arenberg locale

Rien à voir avec le plat terril des Pâturelles, un peu plus loin. Haut comme trois pommes de pin mais qui offre, lui aussi, des sentiers bien balisés. La matinée file plus vite que nos fiers destriers. Si on avait le temps, on s’arrêterait bien à Arkéos, le musée-parc archéologique du Douaisis. Mais il faut avancer, le nez au vent… D’autant que le voilà, ce chemin pavé d’un petit kilomètre, cette Trouée d’Arenberg locale.

On rigole déjà moins et c’est à peine si on lève la tête pour admirer la jolie plaine de la Scarpe, qui ondule entre prairies et pommiers en fleurs. C’est fou comme le paysage a changé ! Le chevalement de l’Escarpelle a beau se dessiner encore à l’horizon, c’est à présent la pleine campagne. Là où fermes et petits châteaux ont poussé, autrefois, comme des champignons. Encore un effort et voici Waziers. Comme un condensé d’habitat minier, du plus modeste au plus agréable. « Ici, c’est le top ! », lance Claire devant les pavillons de la cité-jardin de la Solitude. Maison de plain-pied ou maison avec pignon sur rue, chacune a salle de bain et toilettes, mais aussi jardin avant et arrière. Un luxe inouï pour les années 1920 ! 

Après l’effort, le réconfort

Et ces maisons d’instituteurs, posées autour de la place de Meaux ? Leur architecte s’est inspiré des maisons coloniales de la Nouvelle Orléans, mais si ! Un peu plus loin, les pavillons de la cité de la Ferronnière sont à peine moins jolis, avec leurs pignons ornés de motifs. Du coup, le coron voisin de la rue de la Chapelle a drôlement triste mine ! Un doux parfum de frites flotte dans l’air, signe que l’heure du déjeuner a largement sonné. On redouble d’ardeur, bien aidé par l’assistance électrique. On longe l’ancienne fosse Déjardin devenue golf, la briqueterie Lamour… Les kilomètres défilent. Bientôt vingt-deux. Et combien de calories brûlées ? Assez en tout cas pour succomber sans remords à la dégustation proposée, de retour à l’Office de Tourisme. Tome d’Orchies et Maroilles, préparés par La Crèmerie du Beffroi et accompagnés de bon pain et bières locales. Une autre manière de déguster le territoire…

En pratique
Une visite guidée en vélo à assistance électrique, de mai à septembre, chaque mercredi à 15h et dimanche à 10h30. Niveau moyen, 22 km, durée 2h30 environ.
Plein tarif : 17 €, tarif réduit (-18 ans, étudiants, demandeurs d’emploi) 13 €, incluant le prêt du vélo électrique (à partir d’1,20 m).
Pour ceux qui préfèrent utiliser leur propre vélo, plein tarif 11 €, réduit 9 €.
Réservations auprès de Douaisis Tourisme
70, place d’Armes – 59500 DOUAI
Tél. : 03 27 88 26 79

Texte : Anne Tomczak
Photos : Franck Bürjes
02 mai 2019
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