A Marck, la flore et la faune du monde entier sont Au Beau Pays

C’est à Marck que débute l’un des plus beaux voyages. Dans le jardin botanique imaginé par Pierre Lavalée, les cactus du désert côtoient les cacaoyers, les paons les tortues des steppes. Chaque univers y est savamment orchestré.
Par Carine Di Matteo
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Deux ailes s’agitent sur un papayer. Quelques gouttes d’eau tombent. Le Morpho Peleïde s’élance au-dessus d’un bassin où se déploient des nénuphars géants. En quelques battements, il survole d’autres papillons d’un bleu aussi beau et intense que le sien mais aussi des Gretta Otto, papillons transparents en train de se nourrir de nectars de fleurs et des Heliconus avec leurs ailes noires et rouges. « Ces papillons viennent du Costa Rica, du Belize et des Philippines, sourit Pierre Lavalée, le créateur des lieux. Nous en achetons mais nous avons aussi une nurserie ici. Nous faisons un peu d’élevage. » Les chrysalides deviennent chenilles un peu plus loin. « Tous les jours, nous avons des naissances. » Près du bananier, quelques grenouilles croassent. Une colombe poignardée monte la garde à l’entrée de la grotte qui mène, petits et grands enfants, vers le désert de Sonora, avec son air chaud et sec, ses milliers de cactus de toutes formes.

« Ces rochers dans le désert, c’est moi qui les ai faits. » Pierre Lavalée développe ses univers botaniques depuis 2011. « C’est une passion depuis tout petit. » Son grand-père l’a initié au jardinage et au potager lorsqu’il avait 10 ou 12 ans. Il a ensuite découvert les fleurs annuelles, la culture des semis, les graminées et les fêtes des plantes. C’était une évidence, pour lui, que d’aller étudier la production horticole à l’Institut de Genech, dans le Nord, et de faire des stages dans les plus grands jardins et chez les plus grands pépiniéristes.

Tout au long de ses études, il est souvent revenu à Marck soigner son jardin où ne poussaient plus des légumes depuis longtemps, mais des fleurs. « Nous sommes à côté de la maison familiale où je suis né et où j’ai grandi. »

« Au départ, c’était un jardin que je faisais pour moi, avec des plantes que j’aimais. J’ai ensuite pensé à créer des écosystèmes. » Chaque détail est pensé. La cascade apporte l’humidité, de l’eau salée ravit les crabes dans la mangrove. Partout, la faune et la flore s’entremêlent. « Ça me permet de voyager sans voyager », reconnaît le jardinier.

Une collection classée de pulmonaires

La pépinière de Pierre Lavalée se cache derrière la steppe semi-aride. « Je suis spécialisé dans les plantes à feuillage décoratif. » Il est aussi réputé pour ses pulmonaires. « C’est une plante médicinale que je trouve extraordinaire. En magasin, on ne trouve qu’une seule espèce, alors qu’il y en a de beaucoup de sortes et de couleurs. » Ses spécimens sont plantés un peu partout dans le Beau Jardin et agréés par le Conservatoire des collections végétales spécialisées.

Dehors, le sous-bois cache des œuvres d’art. La clairière se mordore sous l’effet de l’automne et mène vers un jardin à l’anglaise où des paons se pavanent. Des bancs un peu plus loin, un miroir d’eau, un petit poulailler, une partie dite de graviers qui montrent les fleurs qui aiment les terrains secs et ensoleillés.

Des diamants de Gould, superbes avec leurs plumages jaunes, oranges, violets et noirs toisent des loriquets arc-en-ciel. Sous leurs pattes, un immense bassin. Pierre Lavalée a construit pour eux un « royaume des oiseaux ». « Je suis très attaché aux oiseaux, détaille-t-il. C’est un plaisir de les voir. Ils apportent un peu de vie dans un jardin. »

Ma plante préférée

C’est la vanille. Tout le monde aime la vanille, moi aussi. C’est une orchidée qui reste rare et j’aime l’idée de montrer ici les plantes qui correspondent à ce l’on mange. J’expose un vanillier de Cayenne mais aussi des bananiers, des cannes à sucre, du manioc… »

Mon conseil de jardinier

Je ne suis pas contre la chimie mais je n’utilise pas de produits phytosanitaires. Je m’occupe seul du jardin à plein temps alors je mets en place des écosystèmes qui permettent de faire de la lutte biologique. J’étais envahi de liserons par exemple. J’ai mis des tortues dans le jardin et depuis, je n’en ai plus. Contre les mouches blanches, lâcher une petite guêpe peut suffire.

Pratique

Le Jardin botanique du Beau Pays, fermé en hiver, rouvrira au printemps 2022. Il se trouve au 3091, avenue François Mitterrand à Marck.
jardindubeaupays.fr

Texte : Carine Di Matteo
Photos : Olivier Leclercq
05 novembre 2021
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